
TranseFusion 4 réunit quatre explorateurs sonores animés par une même exigence d’écoute : Isa*Belle Vrammout, Stéphane Kozik, Christian Leroy et Gauthier Keyaerts. Né d’un désir commun, ce quatuor a été conçu comme un hommage vivant à Philippe Franck, figure majeure du paysage transculturel, disparu subitement en janvier 2025.
Dans le cadre de la Semaine du Son 2026, cette création prolonge l’esprit qu’il défendait : une attention au sonore comme espace de relation, d’expérience et de circulation entre les formes. TranseFusion 4 ne vise pas une commémoration figée, mais une présence en acte, une manière de faire résonner une mémoire par l’écoute. Le projet tisse ainsi un dialogue sensible entre instruments traditionnels et textures sonores contemporaines, en articulant des sources acoustiques incarnées et des matières électroniques plus diffuses, comme une même respiration.
Bols chantants, vielle à roue, piano et autres résonances “physiques” deviennent des points d’ancrage. Autour d’eux, l’électronique travaille la continuité : nappes, grains, pulsations, halos, micro-variations… tout ce qui permet de déplacer l’écoute de l’objet sonore vers un état, de la forme vers la sensation. Les timbres s’entrelacent, se contaminent, se répondent ; la tradition n’est pas citée comme un décor, elle est traversée, et la modernité n’est pas un simple ajout, mais une façon d’ouvrir l’espace et d’élargir le champ perceptif.
Plus qu’un concert, TranseFusion 4 se présente comme une traversée immersive : un temps suspendu où mémoire et élan se rencontrent pour faire naître une harmonie profonde, envoûtante, parfois hypnotique, toujours attentive. Une invitation à se laisser guider, à entrer dans une écoute élargie, et à éprouver, dans un même mouvement, ce qui relie l’intime au collectif.
Isa*Belle (Fr/Be)

Isa*Belle développe sa démarche artistique pour et par le mieux-être du corps -dans ses dimensions multiples- associée au développement personnel et spirituel.
Évoluant entre la Belgique et la France, elle travaille, depuis 2005, en collaboration avec Paradise Now pour produire plusieurs performances et installations sonsorielles soutenues par Transcultures/City Sonic et diffusées à l’international.
Elle a collaboré également avec plusieurs musiciens (Maurice Charles JJ, Matthieu Safatly, Stephan Dunkelman…) et artistes visuels (Simone Simon, Joseph Dadoune, Régis Cotentin), a créé Unda avec Ariane Chez Elle et a rejoint, en 2015 Werner Moron et Philippe Franck dans le combo audio-poétique Les ours bipolaires.
Gauthier Keyaerts (Be)
Gauthier Keyaerts questionne la matière à travers le son et l’image fixe ou en mouvement, de manière interactive et complémentaire.
Artiste sonore (plusieurs albums publiés sur Sub Rosa et Transonic ainsi que des installations et performances diffusées à l’international) et interdisciplinaire, il fonde son oeuvre sur deux éléments essentiels :
- une approche radicalement matiériste, véritable appel à la redécouverte de nos sens, que ce soit à travers le son ou l’image
- une volonté de communiquer avec le public, de générer un espace de réflexion libre et ouvert.
Ses sujets de prédilection sont la vie, le rien, la beauté de l’insignifiance, les éléments, le temps, la mémoire.
Stephane Kozik (Be)
Artiste, plasticien sonore et musicien depuis une vingtaine d’années, Stéphane Kozik concentre l’essentiel de son travail sur des performances audio-visuelles, des installations sonores, des courts métrages, etc. Sa démarche, pluridisciplinaire, se veut sensible, sensorielle et poétique, avec parfois une touche d’humour. À travers ses pièces, il aborde le réel par le prisme du son et y développe un langage audio-visuel qui lui permet de construire des récits et des fictions plaçant la musique et le sonore au premier plan.
Stéphane s’intéresse notamment à la manière dont le son est traité au cinéma : souvent relégué en arrière-plan, alors même qu’il est déterminant pour susciter une émotion, installer une ambiance ou influer sur la perception du spectateur. À partir de ce constat, il renverse cette hiérarchie et cherche à inventer un « cinéma pour les oreilles », un cinéma des sens, où l’image et la narration se mettent au service du son, et non l’inverse. Il s’agit alors de mises en scène conçues pour valoriser l’ouïe, comme une nouvelle manière de « mettre en sons ».
Dans cette optique, il s’attache en permanence à concevoir de nouveaux dispositifs sonores et musicaux, afin de provoquer chez lui des façons inhabituelles de composer et de produire de la musique. Chaque développement ouvre un territoire inattendu, faisant émerger, à chaque fois, des imaginaires sonores et visuels distincts, parfois insoupçonnés. Qu’il s’agisse de performances, d’installations ou de vidéos, Stéphane Kozik expérimente et joue avec les liens étroits entre matière et son, dans le but de forger son propre langage audio-visuel et, par ce biais, de proposer une lecture renouvelée du réel.
Christian Leroy (Be)
Compositeur, pianiste, interprète de ciné-concerts, depuis plus de quarante ans, Christian Leroy commence très tôt à accompagner des films muets. Il explore ainsi le répertoire du cinéma silencieux en improvisant sur près de deux cents films. Sa capacité à mêler les éléments de la musique classique et de la musique électronique est une de ses particularité tout à fait singulière. Il se produit régulièrement en ciné-concert, tant en Belgique qu’à l’international, sur les scènes de nombreux festivals et institutions en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud.
Outre ses compositions pour le cinéma muet, Christian Leroy a écrit une cinquantaine de musiques de films : animation, documentaires, films d’auteur sélectionnés et primés dans de grands festivals — Rome, New York, Istanbul, Hyderabad, Taïwan, Porto, Cannes, Clermont-Ferrand, Berlin, Toronto, Annecy, Bogotá, Montecatini, Bruxelles, Namur, etc.
Entre autres, il a composé la musique des films Nanook of the North de Robert Flaherty, Dracula de Tod Browning, The Last Laugh de Murnau, Gosses de Tokyo d’Ozu, Cenere de Febo Mari, El Sexto Sentido de Manuel Sobrevilla, Tabu de Murnau et Flaherty, Sunrise de Murnau, The Fall of the House of Usher de Jean Epstein, The Passion of Joan of Arc de Dreyer, ainsi que de l’intégralité de la filmographie de Buster Keaton et Harold Lloyd.
Ses œuvres ont été publiées chez Polydor, Igloo, EMI, Gega New, Cristal Records… Il s’est produit aux côtés de musiciens classiques et de jazz (Louis Sclavis, Pierre-Alain Volondat, Steve Lacy, Barre Phillips, Fred Van Hove, Marilyn Crispell, Boyan Vodenitcharov, Rona Hartner, Irène Jacob, etc.).
Philippe Franck (Fr/Be)

Sous le nom de Paradise Now, Philippe Franck a développé, dès le début des années 1990, un parcours artistique multiforme, porté par une démarche prospective et volontiers collaborative. Il a composé et réalisé de nombreuses musiques pour des chorégraphies, des expositions, des performances interdisciplinaires, des vidéos (notamment pour Régis Cotentin, Hanzel & Gretzel ou encore Thomas Israël), ainsi que des dispositifs multimédia (avec les artistes numériques Philippe Boisnard, Marc Veyrat et art2.network).
En 2014, Philippe Franck a co-réalisé le film Bernard Heidsieck, la poésie en action, également décliné sous la forme du livre-coffret DVD Variations sur Bernard Heidsieck.
Parallèlement à ses collaborations avec la performeuse holistique Isa*Belle (plusieurs installations et performances corps/son depuis 2005), Paradise Now a aussi travaillé avec les musiciens électroniques Christophe Bailleau (au sein du duo Pastoral), Gauthier Keyaerts (dans Supernova), Stephan Dunkelman, Christian Leroy, Didié Nietzsche, la vocaliste et performeuse Maja Jantar, ainsi qu’avec plusieurs poètes, dont Ira Cohen, Gerard Malanga, Werner Moron, Eric Therer, Catrine Godin et Habiba Sheikh. À partir de 2021, il a rejoint le collectif hypermédia Société i Matériel, où il a pris en charge la dimension sonore et poétique.
Ses productions discographiques ont notamment été publiées sur les labels Transonic, Optical Sound et Sub Rosa. Philippe Franck est décédé subitement le 27 janvier 2025.
Informations
- | 17:15 > 18:00
- Flagey (Studio 2)
Place Sainte-Croix, 1050 Bruxelles - Gratuit
- lasemaineduson.be
Production
- La Semaine du Son
- avec le soutien de Transcultures

