Livre | 24h/24_PARADISE - Hommage à Philippe Franck | Société i Matériel - NoCode Éditions
Présentation
Le catalogue 24h/24_PARADISE est un ouvrage collectif bilingue français/anglais, à la croisée des arts sonores, numériques, de la recherche-création et de l’hommage poético-politique. Rassemblant artistes, théoricien·nes, performeur·ses et ami·es de Philippe Franck, figure centrale des arts sonores et fondateur de Transcultures, le livre orchestre une polyphonie de textes, de récits et d’essais. Construit autour de l’œuvre éponyme — événement hybride connecté entre Mons et Séoul — il devient à la fois archive, manifeste, laboratoire d’expérimentation et rituel de mémoire. Chaque contribution, qu’elle soit théorique, biographique, fictionnelle ou performative, prolonge l’esthétique du fragment, du flux et de l’interstice, esquissant un territoire discontinu d’affects, de réseaux, de sons et de pensées.
Contributeur-trices (work in progress)
Alexander Macsween, Alexandre Castant, Anne-Laure Chamboissier, Biba Sheikh, Béatrice de Fays (B2FAYS), Carole Brandon, Christian Leroy, Christian Vialard, Christophe Denis, Daniel Van Acker (aka Daniel Duchamp), Daniel Vander Gucht, Didié Nietzsche, Dominique Vermeesch (DO.SPACE), Emmanuelle Vincent, Frédéric de Lapaillonne, Gabriel V. Soucheyre, Gaëtan Le Coarer, Gilles Malatray, Isa*Belle Vrammout, Jacques Urbanska, Jean-François Octave, JJ Duerinckx (alias Maurice Charles JJ), Jordan Fraser Emery, Khaldoun Zreik, Maja Jantar, Marc Veyrat, Marie Julie, MI+LOUS, Natalia de Mello, Natan Karczmar, Panayiotis (Takis) Kyriakoulakos, Petermfriess, Philippe Baudelot, Philippe Boisnard, Pierre Larauza, Planned Accidents, Rafaël Sanchez, Robin Rimbaud (Scanner), Rudy Rigoudy, Régis Cotentin, Stéphane Kozik, Yves Tassin, Zoé Suliko…
24h-24 PARADISE (19 avril 2025)
Initiée par Marc Veyrat, Gaëtan Le Coarer, Isa*Belle Vrammout et la Société i Matériel, « 24h-24 PARADISE » est un événement artistique et commémoratif hybride qui s’est déroulé en avril 2025, simultanément à Mons (Belgique) et Séoul (Corée du Sud – dans le cadre du Planned Accidents #2). Il rend hommage à Philippe Franck, artiste sonore, commissaire et directeur de l’association Transcultures, disparu peu de temps auparavant. L’événement a mobilisé un ensemble d’artistes, chercheur·ses, performeur·ses et ami·es de Philippe Franck dans une dynamique de création collective en réseau.
Pensé comme une œuvre en soi, 24h-24 PARADISE repose sur l’utilisation de la plateforme Discord, choisie pour sa souplesse d’usage et ses fonctionnalités de serveurs, salons, échanges audio, vidéo et textuels. Quatre salons principaux ont structuré l’événement :
- Salle FÉÉRIQUE (centrée à Mons, lieu de vie de Philippe Franck, coordonnée par Isa*Belle Vrammout),
- Salon du Grand Jacques (associé à Jacques Urbanska, déployé sur Second Life, Youtube et le site de Transcultures),
- Cave VOX® (liée au projet de recherche-création VOX ePŒTICs de Philippe Franck),
- Galerie PLANNED ACCIDENTS (depuis Séoul, sous la direction de Rafaël Sanchez).
Ces salons ont accueilli des performances, diffusions, interventions artistiques et discussions tout au long de 24 heures continues. En parallèle, plusieurs flux vidéo (entrants et sortants) ont été projetés dans l’espace physique de Mons, créant un dispositif immersif à la fois local et connecté.
L’événement s’inscrit dans une logique de recherche-création, d’exploration des dispositifs numériques et d’expérimentation intermédiatique, croisant les enjeux de présence à distance, de mémoire, de performativité collective et de rituel artistique. Il articule ainsi la sphère intime et publique, le local et le global, dans un contexte de post-confinement et de circulation accrue des pratiques artistiques en ligne.
Catalogue 24h-24 PARADISE
Sur une propostion de l’artist Rudy Rigoudy et de éditions “No Code”, 24H/24 Paradise – Hommages à Philippe Franck devait être le catalogue de l’événement eponyme, mais il est devenu un monument hybride, dans lequel les témoignages d’une quarantaine de ses ami·es artistes, commissaires d’exposition, critiques, enseignant·es chercheur·es, offrent de multiples regards sur les « Good vibes » de ce personnage solaire qu’était Philippe.
Au fil de ses quelque 300 pages, 24h-24 PARADISE compose une cartographie discontinue où s’enchevêtrent écriture critique, fiction spéculative, poésie sonore, mémoires intimes et partitions conceptuelles. Le catalogue ne se contente pas de documenter un événement : il en prolonge les logiques d’activation, en disséminant les formes, en éclatant les formats, en multipliant les régimes de discours. On y croise des contributions réflexives sur les esthétiques post-numériques, des détournements narratifs, des hommages écrits à la main, des transcriptions de performances, des protocoles de création, des fragments théoriques échappant aux cadres disciplinaires.
Le volume prend acte de l’hétérogénéité de ses voix — artistes, chercheur·ses, compagnons de route, proches, fantômes — sans jamais chercher à la neutraliser. Cette polyphonie produit un effet de saturation contrôlée, où les tonalités se superposent plus qu’elles ne s’enchaînent. Des textes analytiques sur la géopoétique sonore ou l’ubiquité technologique côtoient des récits sensoriels, des visions hallucinées, des notations de terrain, des auto-fictions traversées par la figure de Philippe Franck, toujours en creux. À certains endroits, la voix se dédouble, glisse, devient code, bruit, citation. Ailleurs, elle revient sous forme de notation, de silence, de mantra.

L’architecture du livre est sans linéarité. On entre par n’importe quelle page, on dérive d’un extrait d’entretien à un dessin, d’une image cryptée à une séquence de mots adressés à personne. Des ensembles thématiques émergent, sans jamais figer l’interprétation : inter-mondialités affectives, stratégies de glitch, archives incarnées, géographies spéculatives, corps connectés, rites de passage cybernétique. Il fabrique ainsi ses propres conditions de lecture, à la fois fragmentaire et cumulative, immersive et disloquée. Il ne postule aucune centralité, sinon celle d’une présence absente — celle autour de laquelle gravitent les textes, les gestes, les sons et les silences. Plus qu’un hommage, 24h-24 PARADISE agit comme un réseau de persistances : chaque contribution y joue le rôle d’un point d’émission, d’un relai, d’un transformateur. Rien ne s’y clôt, tout reste à circuler.
Certains textes fonctionnent comme des reconfigurations sensibles du réel : ils déplacent les coordonnées habituelles de l’écriture critique pour produire des formes d’adresse obliques, modulées par l’expérience, le deuil, le souvenir ou l’instabilité perceptive. On y trouve des voix qui performent leur propre effacement, des narrations diffractées, des incises autobiographiques qui bifurquent en méditations théoriques. Ce sont moins des objets finis que des processus en tension, ouverts à l’inachèvement.

Plusieurs contributions exploitent le livre comme interface pour rejouer, en mode différé, ce qui fut transmis en ligne : des gestes, des sons, des présences disloquées. Ce transfert d’un médium à un autre n’opère pas par simple transcription mais par translation esthétique, ce qui était flux devient rythme, ce qui était interaction devient montage, ce qui était bug devient syntaxe. On assiste à une réinvention matérielle de l’éphémère.
Enfin, le catalogue accueille en son sein des zones de basse intensité : silences typographiques, dessins, blancs, scans, interruptions. Ces espaces ne comblent pas un vide, ils le travaillent. Ils prolongent l’éthique fragmentaire du projet, refusant la complétude au profit d’une circulation des formes, où chaque texte devient l’ombre portée d’un autre, dans une logique de relais plus que de suite.
Les auteurs ne se sont pas limités à une fonction mémorielle, ils ont déployé un livre-réseau, un volume poreux, affecté, instable, qui prend acte de la disparition tout en la traversant. Ce qui s’y joue n’est pas tant la conservation d’un héritage que son activation continue, dans un mouvement de relais, d’infusion et de réinvention, autour d’une absence fondatrice.
Pour Transcultures
Jacques Urbanska
Philippe Franck

Sous le nom de Paradise Now, Philippe Franck a développé, dès le début des années 1990, un parcours artistique multiforme, porté par une démarche prospective et volontiers collaborative. Il a composé et réalisé de nombreuses musiques pour des chorégraphies, des expositions, des performances interdisciplinaires, des vidéos (notamment pour Régis Cotentin, Hanzel & Gretzel ou encore Thomas Israël), ainsi que des dispositifs multimédia (avec les artistes numériques Philippe Boisnard, Marc Veyrat et art2.network).
En 2014, Philippe Franck a co-réalisé le film Bernard Heidsieck, la poésie en action, également décliné sous la forme du livre-coffret DVD Variations sur Bernard Heidsieck.
Parallèlement à ses collaborations avec la performeuse holistique Isa*Belle (plusieurs installations et performances corps/son depuis 2005), Paradise Now a aussi travaillé avec les musiciens électroniques Christophe Bailleau (au sein du duo Pastoral), Gauthier Keyaerts (dans Supernova), Stephan Dunkelman, Christian Leroy, Didié Nietzsche, la vocaliste et performeuse Maja Jantar, ainsi qu’avec plusieurs poètes, dont Ira Cohen, Gerard Malanga, Werner Moron, Eric Therer, Catrine Godin et Habiba Sheikh. À partir de 2021, il a rejoint le collectif hypermédia Société i Matériel, où il a pris en charge la dimension sonore et poétique.
Ses productions discographiques ont notamment été publiées sur les labels Transonic, Optical Sound et Sub Rosa. Philippe Franck est décédé subitement le 27 janvier 2025.
Une initiative de ...
Rudy Rigoudy | NoCode Éditions (Fr)
Rudy Rigoudy est un artiste, enseignant et designer dont la pratique se construit à l’intersection de l’image, des technologies et de l’édition. Son travail articule une recherche plastique souvent hypermédia, une pédagogie par projet ancrée dans la recherche-création, et une attention exigeante portée à la mise en forme de l’information. Cette triple posture n’est pas un empilement de rôles : elle constitue un même terrain d’expérimentation, où l’acte de produire une image, de la transmettre et de l’éditorialiser relève d’un seul et même geste.
Sa recherche artistique porte sur les effets de l’appareillage du regard sur la perception du paysage. Il interroge la manière dont les dispositifs — techniques, interfaces, protocoles de consultation — déterminent ce qui apparaît, ce qui se masque, ce qui persiste. Les images photographiques y sont pensées comme des objets fluides, soumis à des déplacements, des recompositions et des recontextualisations. La mise en scène dans des dispositifs hypermédia devient alors un espace critique : non seulement un mode de présentation, mais une condition de visibilité. Son intérêt pour les chaînes de transformations (règles, combinatoires, indexations, opérations de mise en page) se traduit dans des processus où le dispositif de production et le dispositif de lecture participent directement de la forme finale, comme en témoigne notamment son approche décrite autour de l’ouvrage HyperUrbain 6 (dir. Marc Veyrat, Patrizia Laudati, Khaldoun Zreik), où des contraintes déterminent des configurations visuelles ensuite réinvesties dans l’édition.
En parallèle, Rudy Rigoudy développe une activité d’enseignement fondée sur la recherche-création et une pédagogie de projets ouverte sur les enjeux contemporains. À partir de savoir-faire techniques et technologiques, d’une culture de l’image actuelle, et d’un travail d’analyse de références théoriques et culturelles, il accompagne les étudiant·es dans le développement de compétences liées aux métiers du design de communication. Il intervient notamment dans le champ des Métiers du Multimédia et de l’Internet (MMI), où la création visuelle, l’écosystème numérique et les logiques de publication se rencontrent.
Son travail de designer prolonge ces préoccupations. Fasciné par la relation texte-image et les pratiques maker, il travaille la forme comme opérateur de sens : structurer, hiérarchiser, rendre lisible, faire circuler. Les allers-retours entre papier et écran, entre visuel et conceptuel, entre art et communication, structurent une esthétique de l’éditorialisation, où l’image n’est jamais seule mais toujours prise dans un régime de lecture.
Cette logique trouve un prolongement naturel dans No code éditions, studio d’édition et de création numérique dédié à la conception, la production, la diffusion et la transmission de créations numériques. Pensée comme une plateforme de fabrication d’objets hybrides, No code éditions engage des formes où le livre dialogue avec des prolongements multimédias : paratextes, accès en réseau, dispositifs d’entrée multiples. La publication 24H/24 Paradise – Hommages à Philippe Franck, issue d’un événement international et d’une transformation du “catalogue” en “monument hybride”, illustre cette orientation : faire de l’édition un espace d’assemblage, de mémoire et d’activation, où le papier et le numérique composent une même expérience.
Praticien de l’image au-delà de l’image, Rudy Rigoudy travaille la condition même de visibilité : ce qui fait apparaître, ce qui organise le regard, ce qui transforme une image en situation. Entre dispositifs artistiques, transmission et micro-édition, il développe une démarche où l’art se fabrique autant dans les formes que dans les protocoles, et où l’édition devient un acte critique à part entière.
Société i Matériel
La Société i Matériel est un projet/collectif hypermédia initié par Marc Veyrat, actif depuis août 2000. Décrite comme une structure collaborative « à géométrie variable », elle s’appuie sur un principe central : utiliser l’information comme matériau artistique, qu’il s’agisse de texte, d’image, de son, de dispositifs ou de réseaux.
Le site imateriel.org fonctionne comme un portfolio-projet, organisé autour de “lignes” et de projets jalonnant l’histoire du collectif, avec un vocabulaire graphique récurrent (préfixes i-, jeux typographiques). Parmi les axes majeurs figurent i-REAL, présenté comme un “JE-U de plateau et VR” jouable contre une IA, en réalité virtuelle, articulé explicitement à des plateformes sociales (Facebook/Instagram) et envisagé aussi dans une déclinaison “low tech”. U-rss s’inscrit comme un projet de “Digital Art / réseau hypermédia” autour d’une réflexion sur le “portrait social”, initialement associé à Facebook et Google Earth, avec une collaboration mentionnée (Franck Soudan). SUGOROKU, “Urban Game” imaginé pour la Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2008, explore des logiques de parcours et d’interactions via téléphone portable et QR Code (collaboration mentionnée : Catherine Beaugrand). ©box prend la forme d’une “galerie virtuelle / installation” : une capsule interactive transportable présentant une sélection d’œuvres (collaboration mentionnée : Carole Brandon).
Dans une logique de recherche-création, plusieurs notices rattachent le travail de Marc Veyrat à l’étude de la complexité des mises en forme informationnelles et des stratégies d’information comme matériaux, notamment dans des dispositifs XR et à travers les réseaux sociaux et le web.
Le groupe, pluridisciplinaire et multimédiatique, est à géométrie variable. On peut y retrouver toutes une série d’artistes et de chercheurs. La Société i Matériel associe notamment Franck Soudan (U-rss), Catherine Beaugrand (SUGOROKU) et Carole Brandon (©box, en partenariat avec le CACL Lacoux), dont Gaëtan Le Coarer, Jonathan Juste (programmation), Philippe Franck (Paradise Now – dimension sonore et poétique), Rudy Rigoudy (image/graphisme/éditions)…
Marc Veyrat es artiste, Agrégé, Maître de Conférence HDR en Sciences de l’Art ; Directeur Département Communication Hypermédia — Université Savoie Mont-Blanc et chercheur au Laboratoire CiTu Paragraphe — Université Paris 8 ; Chercheur associé Chaire UNESCO / ITEN (Innovation, Transmission, Édition Numérique).
Informations
- Date sortie : fin janvier 2026
- Disponible gratuitement (version ebook/pdf)
- Version imprimable sur commande
- Équipe éditoriale : Isa*Belle Vrammout, Marc Veyrat, Gaëtan Le Coarer & Rudy Rigoudy
- Direction artistique : Marc Veyrat & Rudy Rigoudy
Production
- Société i Matériel – Édité par : No code – Le Puy-en-Velay, France
- Avec le soutien de Transcultures/Transonic





