
Dans le cadre de l’événement « Día de Muertos dans les Marolles », le Collectif « auQuai » vous invite à découvrir Homo-Luciola, un spectacle poétique né de la collaboration entre l’artiste Mira 眯腊, Yacin Sebti, la Cie LaterrateraL et Stéphane Kozik à la musique.
Homo-Luciola est une création à la croisée de la danse verticale, de l’art audiovisuel interactif et de la création sonore. Né de la rencontre entre la Fōz Machine, dispositif audiovisuel interactif de l’artiste 眯腊 (mira) et de la compagnie LaterrateraL, le projet transforme façades et architectures en surfaces vivantes. Suspendus dans l’espace, les corps génèrent en temps réel des traces lumineuses entre light-painting photographique et mapping vidéo.
Construit comme un conte dystopique, Homo-Luciola retrace librement notre relation aux images, des premières traces pariétales jusqu’à un futur saturé de lumière et de technologie. À travers la figure d’un être hybride, mi-humain mi-luciole, la performance joue avec les mythes, l’envol et la transformation pour interroger notre fascination pour les images, le progrès et cette obsession contemporaine du “toujours plus vite, plus haut, plus loin”.

Fred Chemama (Fr/Be)

Photographe, vidéaste et artiste multimédia, Fred Chemama alias 眯腊 (mira) a étudié la réalisation audiovisuelle à l’ESRA Maroc et la photographie en France. Il vit et travaille aujourd’hui entre la Belgique, la France et ses voyages qui le mènent à la rencontre d’autres artistes et structures culturelles en Europe et ailleurs.
En dernière année de son cursus scolaire, il part au Mexique pour réaliser une série de portraits sous-marins de pêcheurs de l’état de Oaxaca, avec une chambre de reportage et un caisson étanche original. Ces portraits sont aujourd’hui immergés dans des caissons lumineux où ils se décomposent dans l’eau, depuis plusieurs années. Il réalise au fil des années plusieurs projets d’autoportraits en pose longue.
L’action, la rencontre et la mise en abîme des procédés de capture de l’image tirée du réel, sont au centre de sa démarche. Ce qui l’amène notamment à adopter une posture parfois iconoclaste et à réaliser des installations éphémères in-situ à l’aide de rubans encreurs usagés issus de concessions de photos-souvenirs.
L’action préméditée, effectuée à plusieurs et l’exploration des divers processus de production d’images “tirées du réel”, sont au centre de sa démarche initiale, ce qui tend déjà à mettre en doute l’autorité de l’image photographique en tant que vecteur d’information et à en faire ce qu’il ressent vraiment : un prétexte à la réunion poétique des personnes.
Aujourd’hui, 眯腊 continue de mener des expériences à la lisière de la photographie, de la vidéo et des arts numériques ; d’explorer les domaines du corps, de la lumière, du mouvement, de la situation et du lieu dans une démarche liée à l’action corporelle.
Ces derniers projets d’installations interactives (« Cyclo-Kino », le « Gestographe », la « Fōz machine »…) mêlent les disciplines, les médiums et les transcendent dans des dispositifs ludiques et intriguants.
Compagnie LaterrateraL (Be)
Née en 2017, la compagnie LaterrateraL développe des créations en danse verticale à la croisée de la danse contemporaine, du cirque et de l’escalade. Son travail prend appui sur l’architecture et les espaces naturels, en utilisant les façades, parois et structures comme de véritables terrains chorégraphiques où les corps se déplacent selon d’autres rapports à la gravité, à l’échelle et au point de vue.
La compagnie privilégie les créations in situ, pensées en relation étroite avec les lieux qu’elle investit et avec leur environnement. Selon les projets, la danse peut dialoguer avec la musique live, la vidéo ou le mapping, dans des formes qui cherchent moins à occuper un espace qu’à en révéler les lignes, les tensions et les possibilités sensibles.
Stephane Kozik (Be)
Artiste, plasticien sonore et musicien depuis une vingtaine d’années, Stéphane Kozik concentre l’essentiel de son travail sur des performances audio-visuelles, des installations sonores, des courts métrages, etc. Sa démarche, pluridisciplinaire, se veut sensible, sensorielle et poétique, avec parfois une touche d’humour. À travers ses pièces, il aborde le réel par le prisme du son et y développe un langage audio-visuel qui lui permet de construire des récits et des fictions plaçant la musique et le sonore au premier plan.
Stéphane s’intéresse notamment à la manière dont le son est traité au cinéma : souvent relégué en arrière-plan, alors même qu’il est déterminant pour susciter une émotion, installer une ambiance ou influer sur la perception du spectateur. À partir de ce constat, il renverse cette hiérarchie et cherche à inventer un « cinéma pour les oreilles », un cinéma des sens, où l’image et la narration se mettent au service du son, et non l’inverse. Il s’agit alors de mises en scène conçues pour valoriser l’ouïe, comme une nouvelle manière de « mettre en sons ».
Dans cette optique, il s’attache en permanence à concevoir de nouveaux dispositifs sonores et musicaux, afin de provoquer chez lui des façons inhabituelles de composer et de produire de la musique. Chaque développement ouvre un territoire inattendu, faisant émerger, à chaque fois, des imaginaires sonores et visuels distincts, parfois insoupçonnés. Qu’il s’agisse de performances, d’installations ou de vidéos, Stéphane Kozik expérimente et joue avec les liens étroits entre matière et son, dans le but de forger son propre langage audio-visuel et, par ce biais, de proposer une lecture renouvelée du réel.
Yacine Sebti (Be)
Artiste numérique et développeur belgo-marocain basé à Bruxelles, Yacine Sebti développe depuis le début des années 2000 des installations et performances interactives explorant les relations entre le corps, l’espace, l’image, le son et la technologie. Sa pratique associe création artistique et programmation en temps réel, notamment à travers des environnements audiovisuels réagissant aux mouvements du public ou des performeurs.
Auteur de projets tels que “Move in a Frame”, “Meet Somebody”, “Help Me ou Jump!”… Il collabore également avec de nombreux artistes comme développeur et spécialiste de l’interactivité. Il travaille de longue date avec Fred Chemama : il assure la programmation de la “Fōz Machine”. Pour Homo-Luciola, il poursuit le développement du dispositif, de l’électronique et des interactions.
Fōz machine

La “Fōz machine” est un dispositif de captation-projection interactive, créé par l’artiste Fred Chemama (眯腊 Mira) et qui s’adapte à tous types de lieux.
Un “mapping”, à réaliser par le(s) utilisateur(s), en temps-réel, via l’utilisation exclusive d’objets incandescents ou luminescents, apportés et / ou présents sur place ( Lampes de poches, bougies ou autres similaires ) .
Pénétrer dans la “Fōz machine” c’est avant tout s’aventurer dans un lieu obscur, avec la possibilité de construire un objet visuel, lumineux et éphémère; sur, par et dans, un endroit donné, seul ou à plusieurs. L’outil se dissimule et donne à voir un invisible, indice spatio-temporelle d’un passage, d’un moment.
La “Fōz machine” permet de créer une zone provisoirement photo-sensible-active , filmée par une caméra IR,où les corps, les objets et l’enceinte du lieu s’il en a une, (l’installation peut se faire en extérieur ), enregistrent et restituent instantanément la lumière qui les parcourt et ce qu’elle dévoile au regard.
Día de Muertos dans les Marolles

Le festival “Día de Muertos dans les Marolles” existe depuis 2018. C’est un événement annuel fondé par le Collectif TAS D’OS sur un geste universel pourtant oublié par nos sociétés contemporaines : celui d’honorer nos défunts. Ayant pour point de départ la tradition mexicaine, la version bruxelloise est un festival hybride et joyeux, fruit d’une collaboration entre un collectif d’artistes, les habitants du quartier et les publics issus de cercles plus élargis.
Par le chant, le bricolage, les mots, les gestes, cet événement offre un espace et un temps pour se remémorer, se raconter des souvenirs, réinventer des gestes, prendre soin de ses morts… En solitaire, en famille, entre amis ou entre inconnus, le public trouve dans Día De Muertos un cadre contemporain pour penser/panser ses morts. L’événement qui se veut sans confession, ouverts à tous et toutes dans un échange culturel réjouissant et impertinent.
Día de Muertos est une fête de village, organisée par et pour les habitant.e.s : loin de chercher à donner un spectacle dont le public serait consommateur, nous invitons le public à maquiller les enfants, à porter les flambeaux, à déposer leur offrande, partager un chocolat chaud, un verre de mezcal et un même repas. Cette dimension de village prend forme dans les nombreuses collaboration avec des structures locales du quartier : Cyclup, le musée art et marge, « la maison de jeune des mercredis artistiques »

Informations
- 30.10.2026
- 18h–20h00 : ouverture des portes, installation lumineuse, ateliers, soupe et accueille
- 20h-20h30 : spectacle Homo-Luciola
- 21h-22h00 : interaction du public avec la machine de projection
- L’Avant Senne – Rue des Vétérinaires 105, 1000 Bruxelles
- diademuertos.be – auquai.eu
Production
- Homo-Luciola a reçu le soutien de Transcultures, la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Chant des chevaux, le Manège Fonk, Eastern Belgium at Night
- Le projet de la Fōz machine a été soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles (arts numériques), Tanscultures et toute une série de partenaires depuis sa création