
Urkopplad est une sorte de ville sous la ville.
Urkopplad, ça veut dire déconnecté en suédois. Sur les vieilles cartes des installations électriques, on peut trouver l’abréviation Urk à côté d’un secteur déconnecté du reste du réseau.
Déconnecté, ça peut vouloir dire éteint.
Et si au lieu de dire qu’une lampe est éteinte, qu’un frigo est éteint, qu’un esprit est éteint, qu’un cable est deconnecté, on disait qu’iels hibernaient ?
Urkopplad, la ville sous la ville, les kilomètres de cables et de circuits deconnectés, les lignes de tramway arrêtés, les triphasés acheminant l’électricité à une Europe en pleine industrialisation ayant aujourd’hui délocalisé en masse : tout cela hiberne.
Elles sont endormies, mais respirent au rythme des variations des potentiels. Les tressauts électriques, les résidus glorieux, les latences jouent avec le temps, avec le métal, avec les objets conducteurs évanescents. Le courant déjà passé y a laissé un peu de lui, sous forme de trace, un sillon d’ivoire. Les électrons continuent de s’y promener, à former du signal, à notre insu. De ces réminiscences, on entend parfois les échos
Duu Din Ka (Mathilde Schoenauer Sebag - Fr/Be)
Duu Din Ka, c’est surtout une histoire de sons. De harpe, de chant et d’électrons.
De mots, de texte, de vidéos, de radio, de mouvement et de silence.
De pluie sur un velux, de café versé et de carte dépliée.
Duu Din Ka, c’est d’abord dix doigts courbés à faire des gammes sur une harpe. De quoi ouvrir l’appétit des sons et des histoires. Electro, expé voire noise, poésie sonore, Duu Din Ka existe au studio mais aussi en live, et c’est alors presque plus une performance qu’un concert. Reste, bien solide et bien central, cet amour pour les sons, les mots, et leurs argencements. Sur ses quatre pieds, la harpe trône, et les éléments sonores électroniques ou vocaux s’enroulent autour d’elle.
Mathilde Schoenauer Sebag est ingénieure chimiste de formation et a un doctorat en sciences des matériaux sur les panneaux solaires à l’ESPCI, l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris. La science occidentale moderne, tantôt faussement neutre, tantôt empreinte d’un discours désuet sur le progrès technologique, complètement décalé par rapport aux réalités environnementales et sociales, l’a vite déçue. Elle a alors cherché un espace ou ses convictions et l’urgence de leurs expressions entreraient en résonance. Aujourd’hui, c’est avec plaisir qu’elle évolue entre la création sonore, le spectacle vivant, l’enseignement et l’activisme.
Son travail a été présenté dans des lieux tels que Fabrioles à Figeac ou le Château Pergaud, tout en participant à des événements comme le Prix Europa à Berlin et le Grand Prix Nova à Bucarest. Ses oeuvres radiophonique ont été diffusées sur Radio Campus Bruxelles, Radiophrenia, Radio Vostok, Radio Escapade, Radio Panik, 100 Radio, Radio Publik et Radio Pogge… Son engagement dans la création sonore l’a également conduite à animer des ateliers et à intervenir dans des institutions académiques telles que l’ESPCI à Paris et l’UCL à Louvain.
duudinka.com
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Stéphane Odrobinski (Fr/Be)
Musicien multi-instrumentiste et artiste sonore français installé à Bruxelles, Stéphane Odrobinski est à la croisée des musiques expérimentales, du folk, du drone et de l’ambient, il développe une recherche centrée sur la guitare électrique, explorant les relations entre harmonie, mélodie, textures sonores et sons continus.
Sa pratique associe jeu instrumental, improvisation, enregistrements de terrain et expérimentations électroacoustiques, dans une approche ouverte aux croisements entre musique, performance et création interdisciplinaire.
Après avoir participé à plusieurs formations musicales, notamment Twirrl, Aszul et Rodjitsé, il développe des projets personnels tels que Le Bleu de la Rivière Tournesol, inspiré notamment par l’univers du guitariste américain John Fahey, et Une maison dans la drone, qui poursuit ses recherches sur les possibilités expressives de la guitare électrique.
Ses compositions jouent sur les frontières entre sonorités acoustiques et électroniques, intégrant des évocations de paysages urbains, de moteurs ou de sirènes à des structures mélodiques et harmoniques. Il présente également son travail sur des plateformes de radio indépendantes telles que Kiosk Radio et Gimic Radio, et développe des collaborations avec des artistes issus de la danse, de la performance et des arts visuels.
Informations
- 05.11.2026 | 20:00
- Centre Culturel de Namur
- 2, Place du Théâtre, 5000 Namur
- Entrée libre
- prisme-namur.be
Production
- Centre Culturel de Namur – Dans le cadre de la sortie de « Musiques en Résidence »
- Mathilde Schoenauer Sebag reçoit le soutien de Transcultures
