24.09 > 28.11.2021 | Transcultures @ ARTour – Biennale Art contemporain et Patrimoine 2021 (Be)

ARTour 2021 propose de questionner les rapports qui nouent aujourd’hui l’écrit et les arts visuels, numériques et sonores. Les artistes invités, auteurs, plasticiens, créateurs intermédiatiques les conjuguent au gré de leurs pratiques respectives, les associent pour les donner à regarder, à lire, à écouter.

Le champ des possibles est vaste et nous ne prétendrons ici qu’à un choix subjectif. Le programme de cette treizième édition d’ARTour est construit comme un parcours entre des lieux, des pratiques artistiques et des imaginaires interrogeant ces « images conjuguées » dans leur diversité de formes et de relations privilégiant une conjonction sensible entre le visible et la graphie, lisible ou à déchiffrer.

Ces conjugaisons favorisent la liberté d’interprétation en de multiples déclinaisons poétiques, visuelles ou sonores, ludiques ou conceptuelles.

ARTour 2021 - Intermédialités créatives - Un itinéraire de relations image-son-texte par Philippe Franck

Depuis quelques décennies, l’image, le texte et le son sont les composantes des documents multi/hyper-média que nous manipulons quotidiennement sans nécessairement prêter attention à leur intersection créative qui met aussi en lumière leurs particularités en les redéfinissant. Avant la dimension du « tout numérique » qui permet une infinité de combinaisons et renforce les interactivités (au-delà de la seule injonction technologique) dans des formes multiples (installation, performance, application, œuvre géolocative, net art, dispositif VR…), ces médiums s’étaient déjà rencontrées dans le chaudron magique des associations expérimentales (de Dada à Fluxus, de l’Art conceptuel à la Poésie sonore ou concrète), permettant à chaque média de s’émanciper de ses propres carcans en se frottant aux autres sans pour autant s’y diluer.

On doit à Dick Higgins, cofondateur de Fluxus[1] et initiateur des premiers happenings dès les années 50, le développement de la notion – devenue fondatrice – d’intermédia qui nous semble aujourd’hui encore pertinente pour qualifier des approches intermédiales en soulignant la dialectique entre les différents médiums et l’ouverture de la pensée créatrice en dehors de toute restriction à un seul domaine de l’art. Selon ce multi artiste, théoricien et éditeur américain, l’intermédium ne révèle pas un mouvement artistique, datable, mais une tendance majeure et constante de l’art ; il y voit aussi la forme d’expression la plus pertinente de son temps et un moyen pour les artistes de manifester leur engagement[2]. Ce dernier point ne s’est peut-être pas totalement vérifié mais pour le reste, ces réflexions sont encore inspirantes et certains critiques parfois trop peu critiques des développements multi/hypermédiatiques qui ont suivi, ont parfois « oublié » ces explorations libératrices fondatrices dans l’euphorie d’une littérature trop auto (techno)satisfaite et le diktat d’une conception purement consumériste des « produits » de ces « industries culturelles et créatives » englobantes.

D’autres textes visionnaires dont ceux du Cercle d’Art Prospectif, association d’artistes fondée par le créateur pluridisciplinaire et historien de l’art belge Jacques Lennep en 1972 ou de l’Art sociologique initié par Hervé Fischer, Jean-Paul Thevenot et Fred Forest en 1974 que ce dernier, artiste multimédia français pionnier, prolongera, dans les années 80, avec l’esthétique de la communication[3] bénéficiant de l’apport du philosophe italien Mario Costa jusqu’à l’esthétique relationnelle[4] décrite par Nicolas Bourriaud, ont apporté des éclairages sur ces arts de la rencontre (entre pratiques mais aussi entre publics et champs sociétaux). Pour le critique et commissaire artistique français, l’art relationnel est un « art prenant pour horizon théorique la sphère des interactions humaines et son contexte social, plus que l’affirmation d’un espace symbolique autonome et privé. »[5] Ce type d’œuvres peut fonctionner « comme un dispositif relationnel comportant un certain degré d’aléatoire, une machine à provoquer des rencontres individuelles ou collectives »[6]. Et si cette « inter machine» s’emballe, elle n’en sera que plus humaine !

Ces nouvelles articulations permettent aussi aux médiums de faire éclater, dans ces flux permanents, les catégories traditionnelles pour créer d’autres constellations artistiques et culturelles. Avec le développement des arts sonores (le « sound art » qui ouvre, au-delà de la musique, divers champs exploratoires hybrides) plus largement au début du second millénaire[7], les sons se projettent dans l’espace pour mieux le métamorphoser ; le temps musical ou plutôt la durée (au sens bergsonien)[8] se dilate dans le lieu et la pratique de l’écoute qui devient elle-même créative avec un surplus d’imaginaire.

De plus en plus de plasticiens travaillent la dimension audio comme une matière à part entière (et non plus juste comme une « bande-son » plaquée sur l’œuvre) qui se sculpte[9] au même titre que l’image ou, plus généralement, la matière visuelle avec laquelle elle dialogue d’égal à égal. Ces images/écritures sonores sont moins des représentations audio graphiques (la notation musicale classique se révélant, par ailleurs, insuffisante pour nombre de créations sonores d’aujourd’hui) que l’émergence de ces « autres du son », leurs doubles audio plastiques[10].

En retour, les créateurs sonores mais aussi de la parole et de l’écriture vivante intègrent la dimension plastique (au sens large) et spatiale dans des projets qui sortent volontiers du cadre strictement « musical » pour les uns et « littéraire » pour les autres.

Ainsi, dans les projets (dont bon nombre de créations) présentés dans cette treizième édition d’ARTour, les traits d’union dynamisent ces « images conjuguées » sur différents modes intermédiatiques.

Au Mill, Tamara Laï propose une sélection de ses vidéo-poèmes voyageurs, Marc Veyrat une relecture labyrinthique d’Alice au pays des merveilles en mode VR, Arpaïs Du Bois les pages de ses carnets de « dessins-pensées » colorées, Alessandro Filippini ses sculptures-mots qui nous rappellent à l’essentiel. A la Bibliothèque provinciale, l’auteur et artiste numérique Maxime Coton convie le visiteur à une expérience en réalité augmentée célébrant les plaisirs de la lecture tandis que, au Daily-Bul & co, Jean-Claude Loubières propose une bibliothèque suspendue et un parcours livresque. Au Château Gilson, Dema One croise calligraphie arabe et graffiti art, Berrekki, typographie et installation murale, Gaëtan Le Coarer, réalité mixte et bande-dessinée.

Comme dans l’exposition collective à la Galerie Nardone (réunissant les plasticiens-poètes Alessandro Filippini, Cécilia Shishan, Frédéric Kruczynski, Daniel Pelletti, Emelyne Duval et Jacques Lennep), le mot se libère, se crie ou se susurre pointant aussi, tout en ouvrant la porte à toutes les envies, en définitive une certaine « impossibilité de les écrire ou même de les tracer »[11].

Ils peuvent aussi danser aussi sur la toile dans une langue inconnue ou réinventée, par exemple dans les œuvres d’Adelin Donnay et Marc Pierret présentées à la Maison du Tourisme/Centrissime. Ils sont musique non plus de l’écrit mais de l’oralité qui peut aussi se faire image comme dans cette maison hantée (au Théâtre de La Louvière) imaginée par la plasticienne Claire Ducène associé au créateur sonore Christophe Bailleau dans le duo Ghostwriters.

Le site de Bois-du-Luc a inspiré plusieurs créations contextuelles. Gauthier Keyaerts a réalisé des vidéos, photos, textes et environnements audio organiques à partir de ce fascinant musée de la mine et du développement durable pour le « rêvisionner ». La créatrice multi visuelle Natalia de Mello avec l’auteur/sociologue Daniel Vander Gucht s’en sont également nourris lors d’une joyeuse résidence estivale pour rendre hommage aux machines de l’époque industrielle du lieu et à son héritage surréel. Le poète/performer Charles Pennequin pour lequel « l’écriture se fait dans la bouche et avec toutes les extensions de nous-mêmes »[12] scande ses visions critiques du « spectacle » devenu, comme annoncé depuis plus d’une quarantaine d’années par les Situationnistes, le paradigme culturel marchand. L’artiste multimédiatique Alain Wergifosse a, quant à lui, assemblé un vivier multi écran imaginant une écriture idéographique à partir d’étranges micro-organismes. Le tandem Isa*Belle + Paradise Now a suspendu au plafond d’élégantes robes de mariées vintage qui dévoilent l’histoire de leurs passions amoureuses, en mode féminin et intime.

Au Centre culturel du Roeulx, l’agitateur-auteur-plasticien Werner Moron mène -littéralement- la Société Slogan en bateau. A Soignies, Jean-François Octave continue, après avoir investi pendant l’été, en écho au « Tabula Deus », un étage de la la Collégiale Saint-Vincent, de croiser, au Centre culturel de Soignies, les images de la culture pop à son journal hédoniste et l’environnement audio cinématique de Paradise Now.

Outre dans ces projets volontiers in(ter)disciplinaires qui composent un itinéraire de créations unique dans La Louvière et plus largement dans cette région du Centre, on retrouve aussi cette approche multipoétique dans des performances intégrées dans le programme ARTour 2021, de celle audio-littéro-vidéo de Ghostwriters pour l’ouverture au Théâtre de La Louvière à l’événement de clôture Sonopoetics au Mill, associant artistes du son et de la voix (Maja Jantar et Paradise Now, Vincent Tholomé et Gauthier Keyaerts, Werner Moron avec les Ours Bipolaires) ayant aussi, pour certains, participé à des installations du parcours, en passant par la méditation sonore de l’électro Darko au Daily-Bull, le concert granulaire d’Alain Wergifosse à Bois-du-Luc ou encore la performance de ??? au Centre de la gravure et de l’image imprimée. Dans tous les cas, le texte-parole (jusqu’à son indicible) comme l’espace/flux sonique mais aussi l’imago (matérielle ou immatérielle) se mixent et se remixent en temps réel.

Dans leur grande diversité esthétique ici assumée, ces productions trans artistiques nous invitent à reconsidérer, à l’inverse des formatages verticaux et autres conformismes compresseurs de différences, les élasticités étincelantes entre les formes, les langages, les pratiques/techniques mais aussi, plus largement, les cultures et les imaginaires ouverts…Ils nous rappellent qu’à l’ère des grandes confusions, mutations planétaires et des bombardements de « messages/images » immédiatement jetables, les signes tant d’un possible ailleurs salvateur que d’un ici et maintenant réenchanté, résident dans ces interstices poétiques, et qu’il ne tient qu’à nous de les écouter/regarder/décrypter…

Philippe Franck

[1] Terme utilisé pour la première fois en 1961 par l’artiste/galeriste/éditeur nord-américain d’origine lithuanienne George Macunias qui deviendra celui d’un mouvement internationaliste regroupant des artistes aussi divers que George Brecht, Yoko Ono, Nam June Paik ou encore Joseph Beuys prônant l’abolition des frontières entre l’art et la vie ainsi que les différents champs disciplinaires et la participation concrète du public.
[2] Dick Higgins, Statement on the intermedia in Dé-coll/age # 6, Something Else Press 1967.
[3] « L’Esthétique de la Communication conçoit de transposer directement les principes sensibles observés dans l’évolution de notre environnement et du monde sur le fonctionnement de l’art lui-même et de considérer désormais celui-ci non plus en termes d’objets isolés, mais en termes de relations et d’intégration. Les œuvres, les données, les systèmes d’art devront être appréhendés comme des touts intégrés qui ne pourront en aucune manière se diviser ou se réduire à l’inventaire des parties constitutives matérialisées ». Extrait du Manifeste pour une Esthétique de la Communication publié par Fred Forest en 1983.
[4] Définie pour la première fois, en 1995, dans les pages de la revue Documents fondé par les critiques/commissaires artistiques Nicolas Bourriaud, Eric Troncy et les artistes Philippe Parenno et Liam Gillick et que Nicolas Bourriaud a développé dans son livre éponyme paru en 1998 aux éditions des Presses du Réel.
[5] Nicolas Bourriaud cité dans Art in the 90’s : L’esthétique relationnelle, Artistik Rezo, juillet 2015.
[6] Ibid.
[7] Même si des œuvres pionnières, ne se définissant pas alors sous l’appellation « art(s) sonore(s) » ont déjà fleuri depuis la fin des années 60.
[8] Pour Henri Bergson, la durée – ce temps psychologique, intime et non pas extérieur à l’homme – est avant tout chose plastique.
[9] On parlera souvent au début de « sculptures sonores » pour qualifier les œuvres de sound art.
[10] Marie-Aimée Lebreton, Qu’est-ce qu’une image sonore ? Images Re-vues, Hors-série 5, 2016.
[11] Extrait du texte de présentation de l’exposition Criez les mots écrit par Alain Nardone.
[12] Charles Pennequin dans l’émission Par les temps qui courent qui lui était consacré sur France Culture le 29 décembre 2020.

24.09 | La Louvière Ville

Tamara Lai - Vidéo-poèmes (sélection) | Mill


Tamara Laï crée des vidéos et des œuvres médiatiques en appliquant une syntaxe poétique et souvent métaphorique. Ces œuvres apparaissent comme des images oniriques où fiction et réalité se rencontrent. Son, rythme et mouvement y jouent toujours un rôle clé.

Sa poésie, proche de l’écriture automatique, opère souvent un dangereux glissement entre le Soi et l’Autre, dans une profonde introspection.

Vidéo-poèmes (sélection)

  • Take off (2015)
    Direction, image, montage : Tamara Lai | Musique : Andrès Jankowski aka 1605munro – Production : Thalamus Prod. & 1605munro
  • I&Them (2015)
    Direction, image, montage : Tamara Lai | Musique : Emanuel Dimas De Melo Pimenta, Fast Forward, Bruce Gremo, Tom Hamilton, Peter Zummo – Poèmes : Joe Brenner, Tamara Laï – Production : Thalamus Prod.
  • Wandering (2012-2015)
    Direction, image, montage, bande-son, poème : Tamara Laï – Production : Thalamus Prod.
  • Woody Blows (2019)
    Direction, image, montage, bande-son, poème : Tamara Laï– Production : Thalamus Prod.
  • The And (2021) (première)
    Direction, image, montage, poème, musique : Tamara Laï – Production : Thalamus Prod.

Commissaires : Eric Claus, Philippe Franck

Tamara Laï
tamara-lai.be

Réalisatrice vidéo, Tamara Laï se tourne en 1993 vers les techniques numériques : vidéo, infographie et effets spéciaux, ainsi que l’écriture de nouvelles, contes et poésies interactifs. Activiste web précoce et artiste des réseaux (1997), ses recherches se portent sur le Net art / Web Art (sites, performances cam_&_chat, video-conferences…), et tout particulièrement la création d’espaces numériques participatifs.

Ses oeuvres « entre happening et art éphémère », ont fait partie des sélections officielles de festivals et sont exposées en Belgique et à l’international.

Marc Veyrat/i-REAL - Alice (Monde 4) | Mill

Ce Monde 4 en réalité virtuelle (VR) s’inscrit dans l’œuvre à géométrie variable XR i-REAL (une œuvre d’art numérique et hypermédia qui mixe des environnements en VR déclenchées à l’aide de cartes sur un plateau de Je-u) de Marc Veyrat (artiste chercheur à l’Université Savoie Mont-Blanc et Paris 8 est spécialisé dans les nouvelles technologies), a été imaginé, programmé par Jonathan Juste (concepteur et développeur numérique). Ce Monde 4 “s’architexture“ autour de la totalité des mots utilisés dans “Les Aventures d’Alice au pays des merveilles“, célèbre roman publié par Lewis Carroll en 1865. À l’intérieur de ce monde obscur du texte, les mots re/constituent au fil de notre progression des murs de textes / images aveuglants nous dévoilant progressivement des passages, des “entre-espaces“ au travers desquels nous pouvons progresser… La musique électro-rythmico-organique de Paradise Now (BE/FR) parcours les murs flottants de ce dédale lettriste comme à la recherche d’une proie mutante.Alice (Monde 4) sera présenté sous la forme d’une vidéo ainsi que dans sa version VR (avec casque).Comment nous perdre en perdant le sens des mots quand ceux-ci nous entrainent à les expérimenter en tant qu’images ?

​Commissaires : Eric Claus, Philippe Franck
Direction : Marc Veyrat — Société i Matériel
Programmation & Conception 3D : Jonathan Juste — Pixelpirate
Son : Paradise Now – Programmation, Développement VR & Webdesign : Lise Missillier — 89/92 R&D

Marc Veyrat
imateriel.org8espace.com

Artiste, Agrégé, Maître de Conférence HDR en Sciences de l’Art
Directeur Département Communication Hypermédia — Université Savoie Mont-Blanc
Laboratoire CiTu Paragraphe — Université Paris 8
Chercheur associé Chaire UNESCO / ITEN (Innovation, Transmission, Édition Numérique)

Marc Veyrat s’intéresse à la complexité des mises en forme informationnelles — dans l’art numérique, visuel et contemporain — des mises en réseau et des stratégies de communications, en particulier dans les dispositifs de Réalité Mixte (XR) et à travers les réseaux sociaux ou le web.

Gaëtan Le Coarer - Am Domhan + GIFs Texte & Image | Château Gilson

An Domhan (qui se traduit par « la terre » en français) est un projet conçu à partir d’une méthodologie de recherche création dans le cadre de la thèse de Gaëtan Le Coarer (sous la direction de Ghislaine Chabert et Marc Veyrat) dont le sujet est « Bande Dessinée et Réalité Mixte, vers de nouveaux espaces de narration ».

À partir d’une adaptation de la légende celtique irlandaise intitulée « La Mort tragique des enfants Tuireann », est développée une expérience immersive et multi-utilisateurs en réalité mixte XR (AR + VR). La légende met en scène principalement deux personnages de la mythologie celtique irlandaise. Suite à un terrible évènement, l’un des personnages va traquer et chercher à détruire l’autre. On assiste à une quête vengeresse d’un côté et une quête de rédemption de l’autre.

An Domhan déconstruit le récit linéaire au travers d’une narration établie en réalité mixte. Des utilisateurs incarnent chacun l’un des personnages de la légende plongés dans un outre-monde (nom utilisé dans la mythologie celtique pour décrire un lieu « magique », entre-deux, interface i-localisable, elliptique, lieu de passage direct entre un départ et une destination). L’utilisateur incarnant Brian est équipé d’un casque de réalité virtuelle, et l’autre aura en main un smartphone fourni avec une application en réalité augmentée. Les deux utilisateurs évoluent dans deux environnements apparemment différents. Les actions réalisées par l’utilisateur en VR ou AR se répercutent sur l’autre utilisateur.

Au travers de cette adaptation, Gaëtan Le Coarer cherche à mettre en place les mécanismes d’une expérience de lecture participative et immersive en bande dessinée et en réalité mixte.

AN DOMHAN sera présentée, à ARTour 2021, sous la forme d’une vidéo ainsi que sa version XR (avec casque et smartphone). Une vidéo sera tournée en accord avec le lieu d’exposition ainsi que chaque participant afin de composer un support visuel essentiel à l’étude des usages.

Gaëtan Le Coarer

Doctorant en Sciences de l’information et de la Communication & Sciences de l’Art (sous la direction de Ghislaine Chabert et Marc Veyrat), Gaëtan Le Coarer, est titulaire d’un Master Création Numérique parcours Hypermédia et Espaces Intelligents et d’une Licence Arts Appliqués parcours Design option Design et Culture Numérique. Il a choisi comme sujet de thèse : Bande Dessinée et Réalité Mixte, vers de nouveaux espaces de narration.

Après l’obtention d’une bourse du Laboratoire LLSETI I Axe 2 Texte Image & Arts Numériques à l’Université Savoie Mont-Blanc pour commencer une thèse de doctorat, il associe à ses recherches autour des usages, une méthodologie en recherche création. Il développe ainsi des concepts à partir d’une pratique du dessin, du Noir, pour ouvrir des questions associées à la narration en termes d’architexture, et de spatialisation.

Le projet est porté par le laboratoire Langages Littérature Société Études Transfrontalières & Internationales, et le département Communication Hypermédia de l’université Savoie Mont-Blanc.
Avec le soutien de Transcultures et des Pépinières européennes de Création.

Maxime Coton - Sans se croiser | Bibliothèque Provinciale


Parce que les livres parlent, nous parlent et parlent entre eux,

Parce que les livrent jamais ne dorment,

Parce que celles et ceux qui ne sont plus continuent à vivre en nous,

L’expérience nous invite à voyager et ressentir ces liens invisibles qui fondent notre humanité.

Commissaire : Maryse Lechien
Une expérience en réalité augmentée, de Maxime Coton. Avec la complicité de Jamil Mehdaoui.
Une production BRUITS asbl, en coproduction avec Transcultures.
Une collaboration du Secteur des Arts plastiques de la Province de Hainaut avec le Réseau louviérois de Lecture publique et Central.

Maxime Coton
maximecoton.net

Écrivain et artiste transmédia vivant et travaillant à Bruxelles, Maxime Coton se consacre à la littérature sous différentes formes et divers médias, parce que les livres sont nécessaires mais pas suffisants. Pour ses projets, il a remporté plusieurs prix en Belgique et à l’étranger. Dans son travail, il tente de trouver un équilibre entre poétique et politique.

Claire Ducène + Christophe Bailleau - Ghostwriters - House 27 | Théâtre de La Louvière

La plasticienne Claire Ducène et le créateur sonore interdisciplinaire Christophe Bailleau réunis pour la première fois proposent le projet «House 27». En tandem dans Ghostwriters, ils mêlent leurs univers graphiques et sonores pour créer un concert performatif (pour l’ouverture d’ARTour le 24 septembre) dont la version installation (pendant toute la durée de la biennale jusqu’au 28 novembre) donne lieu également à une édition.

Claire Ducène plonge le spectateur dans ses souvenirs construits sous forme d’un récit, à la recherche de la pièce manquante. Le spectateur suit un personnage qui déambule dans une maison rêvée et reconstituée où quatre tableaux-chapitres s’agencent pour former une histoire.

Au rythme des créations sonores de Christophe Bailleau, un sentiment d’’étrangeté s’accentue, matières audio et visuelles constituent une forme de récit hybride et fluctuant.

Commissaire : Eric Claus
Production : ARTour | Central avec le soutien de la Province du Hainaut et de Transcultures

Claire Ducène
claireducene.be

Le travail de Claire Ducène est une réflexion plastique autour de la mémoire et des souvenirs. L’obsession principale est la mémoire. Le moyen d’en parler est le palimpseste en ce qu’il représente une nébuleuse et une superposition d’images. Et le résultat sont à la fois des histoires réelles et imaginaires, un trouble entre la réalité et la fiction.

A travers ses recherches, plusieurs éléments se dégagent : la maison, c’est-à-dire l’espace où la mémoire prend tout son sens et les multiples systèmes de démultiplication des espaces qui reforment les processus mémoriels d’analogie et de remémoration comme les fenêtres, intérieure ou extérieure, des tiroirs d’une commode ou les tableaux qui s’animent pour laisser apercevoir ses souvenirs.

Née à La Louvière en 1986, elle a étudié la littérature française (ULB) ainsi que la peinture à l’Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles. Son travail a été récompensé en 2015 par le Prix du Hainaut des Arts Plastiques et, depuis lors, elle a enchaîné les projets solos et collaboratifs ainsi que les résidences à l’international.

Son travail a également été sélectionné dans le cadre de nombreux prix, notamment le Prix de la Gravure au Centre de la Gravure et de l’image imprimée à La Louvière en 2018 et récemment, en octobre 2020, au Prix International de la Ville de Tournai ainsi qu’au Prix de la Jeune Sculpture en FWB.

Christophe Bailleau

Après avoir fait des études de bibliothécaire à Bruxelles, Christophe Bailleau obtient un Master en Arts Plastiques à l’ERG (Ecole de Recherche Graphique) à Bruxelles en 2004.

Artiste pluridisciplinaire, Christophe Bailleau développe depuis plus de 15 ans un projet musical atypique. Ses compositions reposent sur des sources acoustiques (guitare, percussions, bruits de voix) triturées et mélangées à des sons concrets et domestiques. Il conçoit ainsi un jeu sur l’attente, le silence et la tension orageuse.

Avec Philippe Franck, il opère au sein du groupe Pastoral, et joue avec Billy Hasni ou sein du combo Prism.

Depuis 2004, ses compositions sont éditées sur différents labels européens (Stilll, Carte postale, Annexia, Fenetre, Soundscaping, Optical Sound, Sacred phrases…). Il réalise aussi un travail de poésie sonore destiné aux radios et aux installations, le plus souvent en collaboration avec Julie Maréchal, avec qui il pratique aussi la photographie.

Enfin, Christophe réalise des courts-métrages intrigants et poétiques, enregistrant des moments perdus, avant ou après une action, essayant de capture l’indicible. Avec le duo video-musical Pastoral, il pose un regard à la fois surréel et poétique sur les imaginaires et espace de villégiature wallons où se cachent une forme d’étrangeté lynchienne. Un DVD de ses films courts datant d’avant 2008 a été édité par 68/70 (Bruxelles) et ses films ont été montrés dans de nombreux festivals européens (Rotterdam, Argos, City Sonic, Les Transnumériques, Vidéoformes, Dig@ran…). Son travail audio et vidéo se décline aussi en installation. Christophe Bailleau a sorti récemment deux recueils de poésie expérimentale: Firebird et Soleil de sucre.

25.09 | Soignies

Jean-François Octave - S&S&S | Espace Victor Jara

Après avoir proposé en épilogue de cette 13eme édition d’ARTour, pendant l’été 2021, l’installation “Tabula” à la Collégiale Saint-Vincent de Soignies, Jean-François Octave continue sa réflexion sur l’image et les mots : cette fois, sur le Sens, sur le Sexe (et le genre), et sur le Siècle… S&S&S, et cela, à partir d’une frise qui parcourt les murs du rez-de-chaussée et d’une grande bâche dans les escaliers.

En complément des images, Paradise Now a réalisé un environnement sonore à partir d’extraits du journal publié régulièrement depuis plusieurs années par Jean-François Octave (lus par lui même ainsi que par Jeannine Dath et Philippe Franck) mêlés à des ambiances cinématiques, impressionnistes et des grooves électro (de New York à Bruxelles).

Commissaires : Eric Claus, Jean-Pierre Denefve.
Une coproduction ARTour | Central, Centre Culturel de Soignies, en partenariat avec Transcultures.

Jean-François Octave
jean-francois-octave.be

Né à Arlon en 1955, Jean-François Octave est un dessinateur, peintre et architecte belge se réclamant à la fois du Pop Art et de l’Art conceptuel.

Après des études d’architecture à l’Institut Saint-Luc puis à La Cambre (Bruxelles), il collabore à ses débuts au magazine Soldes – Fin de série, avant de réaliser des pochettes pour Les disques du crépuscule / Factory Benelux1 et des affiches pour les concerts de Young Marble Giants, A Certain Ratio ou encore Tuxedomoon au Plan K.

En 1986, il représente la Belgique à la Biennale de Venise. Il a depuis exposé à Bruxelles, New York, Copenhague, Caen, Paris…

Jusqu’en 2021, il a diriger l’atelier « Image Dans le Milieu » au Domaine des Arts Plastiques et Visuels (Arts au Carré) à Mons2.

03.10 | Le Roeulx

Werner Moron - Société Slogan | Centre culturel Joseph Faucon

La ‘’société slogan’’ s’est posée comme une photocopie de la réalité sur le réel tout entier. Avec des bateaux, des végétaux, quelques grigris et un long poème,
Werner Moron (artiste visuel, performer/auteur paracommand’art) va tenter, avec cette création hybride et contextuelle dans la Salle des Pitres du Centre culturel du Roeux, une traversée. Rendez-vous de l’autre côté !

Commissaire : Eric Claus, Philippe Franck
Production : Central, Transcultures

Werner Moron
wernermoron.be

L’artiste liégeois développe depuis de nombreuses années une démarche artistique plurielle fondée sur une distance critique permanente du marché de l’art. Pour cela, il a choisi de mettre en scène des actes, des performances ou des événements qui impliquent la participation du spectateur, comme sujet et comme citoyen, sollicité dans un dialogue.

Afin d’expérimenter le monde, un monde concret, Werner Moron varie constamment les lieux d’intervention et mélange les modes d’expressions artistiques et les modes de production : peintures, dessins, installations, performances, conférences-performances, dans des lieux institutionnels ou non-institutionnels, publics ou privés, où la participation d’un spectateur est constamment sollicitée.

Société Slogan - texte

Dans le film d’un ex-peintre, on voit Andy Warhol au restaurant avec un galeriste.
Basquiat entre dans l’établissement, pour vendre des cartes postales peintes de sa main.
Il fond sur la table de Warhol et lui demande comment il doit si prendre pour être aussi célèbre que lui.
La star du pop art lui répond :
« Fais le même tableau jusqu’à ce que quelqu’un te remarque
et puis quand la notoriété arrive, fais ce que tu veux… »
Lorsque je suis arrivé dans cette époque post post
dans laquelle nous vivons (depuis 30 ou 40 ans),
on sentait bien que la fête était finie.
Je ne me retrouvais, ni dans le génie de Warhol à jongler avec les poisons de notre époque
pour faire un poison photocopié transcendé et classique sans antidote
et je ne me reconnaissais pas totalement non plus dans la spontanéité,
le flow brutalement libre, héroïno-tribal de l’autre petit génie de Basquiat.
Je ne sentais plus la présence, l’intensité du sujet,
ni dans le ready-made géant de nos réalités contemporaines,
ni dans les actions directes qui vont du delta de notre mystère mental et corporel
vers une surface plane ou vers un objet finalement artistique avec sa plus value intraveineuse
et ses morts rectangulaires et romantiques.
La page était tournée
et pourtant tout ce qui nous faisait exister vivait dans ces pages.

Nous avancions sur le sol, sous le ciel, dans l’éclairage d’un univers définitivement dilué, pulvérisé, disparu.

A la manière des étoiles,
le monde s’était terminé
comme on se termine à la main,
dans une lumière aveuglante et qui nous colle encore aux rétines.

Nos démarches, nos respirations, nos stabilités, nos cadrages
se nourrissaient aux fantômes d’une réalité d’images et de propos fossiles.

Nous vivions exaspérés ou étonnamment calme dans l ‘écho d’une fiction scolaire.
Notre vie consistait à répéter des leçons dociles, révolutionnaires, illusoires, ou subtilement désillusionnées

Dans ce vide surpeuplé de désirs et de désillusions,
tout était faux,
sauf les frontières.
Les frontières, les murs, les distances, les seuils de tolérance, poussaient comme des ongles
entre les autres et nous,
entre nous et nous même.

L’esprit dans le sens de la « spiritualité de la croyance »
ou dans celui de la « spiritualité de salon » médiatico-dada-féroce
L’esprit vivait dans des grandes pièces vide et prestigieuse,
en se nourrissant de l ‘écho
d’un passé indépassable.

A l’époque on pouvait l’entendre :
« Notre seule chance d’en sortir passe par l’esprit de contradiction. »
Aujourd’hui, pour un certain nombre d’entre nous ,c’est une évidence.
Ce n’est pas la solution,
l’avenir tout entier, c’est de la résistance faite à soi-même,
à l’envie de dormir, de s’enfoncer dans les morsures du gel.
Aujourd’hui, c’est notre seule chance.

Si nous désirons réellement trouver une sortie vers un monde
où notre vie se détache de l ‘image

Si nous voulons
même une seule fois
(comme on va voir la mer)
entrer de plein pied
dans un univers,
où le corps et sa fanfare de cerveaux
se déploie comme une atmosphère,

alors
sans plus attendre
à notre signal
nous passons tous ensemble
par l’esprit de contradiction
et ces sous -marins
sous le carrelage.

03.10 | Bois-du-Luc

Isa✧Belle + Paradise Now - A L'uni Son

Cette installation imaginée par Isa*Belle (artiste/performeuse son-corps) et Paradise Now (créateur sonore et intermédiatique) met en scène la puissance évocatrice et relationnelle du son quand il est associé étroitement à un des moments les plus intenses de notre existence, celui de la rencontre amoureuse entre deux êtres. A l’uni son se présente sous la forme d’une installation plastique et sonore, avec d’élégantes robes de mariées d’époque différentes (des années 40 à 2000) suspendues au plafond. Chacune émet une pièce sonore différente, le tout étant conçu comme une forme polyphonie devenant aléatoire selon le déplacement du visiteur. Les contenus audio principaux sont constitués à partir d’une série d’entretiens réalisés, pour l’occasion, avec des personnes (d’origine, sexe, âge, horizons et cultures différentes) ayant connu le « grand amour ».

Dans notre époque marquée par une morosité, la solitude et de multiples mutations particulièrement difficiles aussi sur le plan émotionnel, A l’uni son entend proposer un espace visuel, sonore, mnémonique, poétique et sensoriel, un rappel de ces instants magiques où se déclarent ces engagements de corps, d’esprit et de cœur qui unissent et illuminent les êtres.

Commissaire : Eric Claus
Production : Transcultures avec le soutien de la Ville de La Louvière

Isa✧Belle + Paradise Now

Pratiquant depuis une vingtaine d’années, les massages holistiques et sonores intégrants différentes techniques acquises auprès de maîtres indiens et tibétains et intégrant ces expériences dans sa démarche artistique travaillant autour du corps et des sens dans leurs dimensions multiples, Isa Belle a participé à divers courts métrages et performances en collaborant avec plusieurs artistes visuels, interdisciplinaires et sonores (Maurice Charles JJ, Gauthier Keyaerts, Ariane Chessaux, Ours bipolaires…).

Depuis 2005, elle travaille, en complicité avec Paradise now (traitements électroniques et design sonore, textes et co-conception) sur plusieurs projets d’installations et de performances (présentées dans de nombreux lieux et festivals internationaux) faisant appel à tous les sens et à la participation du spectateur convié à se livrer à des expériences sensorielles inédites dans le monde de l’art contemporain.

Natalia de Mello + Daniel Vander Gucht - Le Machin

L’artiste plasticienne et multimédiatique Natalia de Mello et le sociologue et écrivain Daniel Vander Gucht (accueillis, à la faveur d’ARTour, cet été 2021, en résidence chez Transcultures sur le site de Bois-du-Luc jusqu’à mi-septembre 2021) documentent en images et en mots sous forme de vidéos évolutives leur dialogue in progress pour la conception et l’implantation d’une pièce in situ baptisée « Le Machin ».

La forme et la présentation de cette création hybride et contextuelle ne seront fixées et dévoilées au public qu’au terme de ce processus créatif. Tous les échanges et les moments de réflexion et de doute, les étapes de travail et d’expérimentation, les possibilités envisagées ou abandonnées, les croquis et les maquettes provisoires seront ainsi archivées et activées dans une écriture visuelle et sonore par des montages vidéo dynamiques qui rendront compte de ce processus créatif tandis que « Le Machin » matérialisera sous forme d’une pièce ce processus dialogique.

Commissaire : Philippe Franck
Production : Transcultures, Central/ARTour, en partenariat avec les Pépinières européennes de Création

Natalia de Mello
nataliademello.net

Indissociable des rencontres fortuites et des collaborations, le travail de Natalia de Mello est guidé, depuis 2000, par la double préoccupation du rapport à l’espace et de la relation à l’autre. Son goût pour les collaborations et la volonté de transgresser les frontières limitées des arts plastiques la mène à investir l’univers des arts vivants et à participer ou à initier des spectacles, des performances qui deviendront autant de lieux d’expérimentation multimedia et d’hybridation de pratiques artistiques et de technologies numériques. Ses réflexions portent sur les rapports entre science et art, entre l’humain et la machine, entre domesticité et domestication. Expérimenter, explorer, questionner et trouver ce qu’on ne cherchait pas, voilà le mode opératoire de son travail de recherche et de réflexion sur notre être au monde.

Daniel Vander Gucht

Docteur en sociologie, Daniel Vander Gucht est chef de travaux à l’Université libre de Bruxelles. Il dirige le groupe de recherche en sociologie de l’art et de la culture (GRESAC) ainsi que la Revue de l’Institut de sociologie. Il est également responsable des éditions La Lettre volée.

Il a dirigé un grand nombre d’ouvrages collectifs, dont Art et société (Les Éperonniers, 1989), La Mise en scène de l’art contemporain (Les Éperonniers, 1990, avec Nathalie Heinich et André Ducret) et Le Paysage à la croisée des regards (La Lettre volée, 2006, avec Frédéric Varone). Il est par ailleurs l’auteur de L’Art contemporain au miroir du musée (La Lettre volée, 1999) ; Art et politique (Labor, 2004) ; La Jalousie débarbouillée (Labor, 2005) ; Ecce homo touristicus (Labor, 2006) et L’An passé à Jérusalem (La Lettre volée, 2009).

 

Gauthier Keyaerts - Rêvision#1

Le viseur à fleur de matière, « l’œil sampler », Gauthier Keyaerts (créateur sonore, visuel et interdisciplinaire) explore les espaces visuels et sonores du site de Bois-du-Luc, afin d’en restituer l’âme. Pour ce faire, il mêle en une installation multimédia des photos et vidéos matiéristes baignant dans des ambiances sonores tout aussi texturales.

Cet ensemble se voit complété par des textes poétiques rédigés et lus par l’artiste, qui interprète au gré de fragments, des histoires petites et grandes. Le tout constitue un dispositif onirique, immersif, à la pensée et aux associations libres.

Les visiteurs remixent selon leur vécu et état émotionnel, en temps réel, l’œuvre présentée.

Commissaire : Philippe Franck
Production : Transcultures, Central

Gauthier Keyaerts
gauthierkeyaerts.com

Gauthier Keyaerts questionne la matière à travers le son et l’image fixe ou en mouvement, de manière interactive et complémentaire. Artiste sonore (plusieurs albums publiés sur Sub Rosa et Transonic ainsi que des installations et performances diffusées à l’international) et interdisciplinaire, il fonde son oeuvre sur deux éléments essentiels : une approche radicalement matiériste, véritable appel à la redécouverte de nos sens, que ce soit à travers le son ou l’image, et une volonté de communiquer avec le public, de générer un espace de réflexion libre et ouvert. Ses sujets de prédilection sont la vie, le rien, la beauté de l’insignifiance, les éléments, le temps, la mémoire.

Alain Wergifosse : Geno-TypO + Performance

Cette création numérique, visuelle et sonore est une étude spéculative sur l’évolution génétique d’une erreur de frappe typographique.

Après l’Histoire, laissée à l’abandon dans la nature le temps suffisant, la parole écrite arriverait-elle à prendre vie par elle-même pour évoluer vers de nouvelles espèces organiques de métalangages auto générés où la signification des symboles ne viendrait plus définie par les traces d’une culture humaine oubliée mais plutôt par le caprice de multiples mutations consécutives des formes pour finir par s’intégrer complètement dans la biomasse ?

Afin d’accélérer ce processus de bio morphisation du langage dans un environnement artificiel, Alain Wergifosse (artiste sonore, visuel et multimédiatique) a choisi d’utiliser une simple erreur de frappe comme sujet d’étude expérimentale plutôt qu’une phrase ou un mot trop signifiant, l’idée étant qu’après nous, les mots n’auront plus besoin de signifier quoi que ce soit dans un monde où, comme au tout début, rien n’aura de nom…

Alain Wergifosse interviendra également muni de divers objets sonoreslors d’une performance électro-audio-organique.

Commissaire  : Philippe Franck
Production : Transcultures, ARTour | Central

Alain Wergifosse
alainwergifosse.com

Insatiable explorateur du son, de l’image et de l’intermédiatique depuis les années 80, Alain Wergifosse amplifie toute sorte d’objets résonnants et se spécialise au traitement électronique du Larsen pour réaliser ses compositions et improvisations organiques. il a parcouru le monde en solo et avec divers groupes et projets collectifs (Obmuz, Macromassa, SpecOp, Colectivo Anatomic parmi d’autres).

A partir de sa base barcelonaise, il a composé, pendant une dizaine d’années, les musiques et les interactions sonores des spectacles Marcel lí Antúnez (ex La Fura dels Baus) et il a collaboré avec de nombreux artises de la scène expérimentale musicale (Zbigniew Karkowski, Cluster, Jaki Liebezeit, Francisco Lopez, Nad Spiro, Eli Gras,…) et participé activement à diverses manifestations aventureuses en Espagne et à l’international.

Ces dernières années, revenu en Belgique, il a développé son travail visuel et réalisé des installations immersives et interactives, des vidéos auto-génératives, des microscopies et autres compositions matiéristes présentées dans plusieurs festivals et événements internationaux (City Sonic, MEM, Kikk, Semaine du Son, Simultan, Transnumériques…).

Philippe Franck avec Charles Pennequin - Spectacle

Ce triptyque audio-vidéo-poétique est né d’une commande littéraire (par Transcultures dans le cadre du festival international des arts sonores City Sonic), à l’auteur/performeur français Charles Pennequin autour de la notion de spectacle sous différents angles (celui du monde du spectacle, du créateur, du public), Philippe Franck a ensuite mis en scène Charles Pennequin lisant ces trois textes percutants (Monde spectacle, Créateur, Être bien souvent le public de tout) pour le filmer, le même jour, sur la scène (lieu du créateur), dans la salle (lieu du public) et devant la façade (lieu du spectacle) du Théâtre Royal de Mons, ville qui était, en cette année 2015, capitale européenne de la culture.

L’installation joue de la polyphonie/polyrythmique poétique mais aussi de la présence énergétique de l’auteur et de sa posture critique dans le contexte de l’hyperspectacle contemporain.

Commissaire : Eric Claus
Réalisation/concept : Philippe Franck – Texte : Charles Pennequin – Caméra/montage : Zoé Tabourdiot
Production : Transcultures

Philippe Franck
philippefranck.eu

Historien de l’art, concepteur et critique culturel, producteur, créateur sonore et intermédiatique, Philippe Franck est directeur de Transcultures, Centre des cultures numériques et sonores. Il est le fondateur et directeur artistique du festival international des arts sonores City Sonic (depuis 2003) et des Transnumériques, biennale des cultures numériques (depuis 2005) en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Charles Pennequin
charles-pennequin.com

Charles Pennequin (né en 1965 à Cambrai, vit et travaille à Lille), artiste et poète, l’un des plus grands représentants de la poésie-performance en France, remarquable lecteur de ses textes à l’occasion de nombreuses interventions performatives, explore avec son travail protéiforme les voies de la création moderne. Texte remarquable, par son rythme, sa rapidité, sa ponctuation agile et le travail de langue, qui en apnée, hypnotique, va s’imposer auprès de nombreux auditeurs lors de ses lectures. C’est avec pléthore de mots, pléthore de phrases, pléthore de sens, que l’ancien gendarme autodidacte capte l’attention avec sa poésie cadancée.