Album | No Lockdown Transonic Sessions – Winter 2021-22 [in progress]

Cette troisième série de sessions en ligne “ de chambre” (voir les sessions : Winter 2020-21Spring 2021) commandées par Transcultures et son label Transonic à des créateurs sonores d’esthétiques variés mais toutes aventureuses (électronique, sound art, poésie sonore, post rock, ambient, field recordings, musiques improvisées…), met à l’honneur des singularités artistiques issues de différents pays et pratiques sonores.

Cette volonté de soutenir tant des émergences, météorites sonores que des pionniers des ces sons autres est au cœur de la démarche de l’alter label Transonic produit par Transcultures, depuis sa création en 2012. Elle rejoint ici l’initiative NoLA – No Lockdown Art (programme Creaconnections) lancé par Transcultures et les Pépinières européennes de Création lors du premier confinement anti Covid-19 en mars 2020 et la volonté des partenaires d’utiliser le réseau pour soutenir et faire découvrir ces créations audio différenciées au plus grand nombre de curieux.

Erick D'Orion (Ca) - Cosmo variation 2 - Live in Charette (24Nov2021)

« Du 15 au 20 novembre 2021, je suis allé avec ma conjointe en retraite/résidence de création à Charette, petite municipalité en Mauricie, à 140 km au nord-est de Montréal. Un ami a récemment acquis l’ancien bar du village dans le but de transformer le lieu en centre de création dédié à la recherche et le ressourcement sous forme de résidence. Nous avons été les « testeurs » du concept en quelque sorte. Je me suis donné comme but, dans un premier temps, d’explorer les possibilités de nouveaux équipement récemment acquis. J’ai ainsi enregistré toutes mes expérimentations sous formes de multiples improvisations. Ensuite, j’ai commencé à faire des assemblages pour de nouvelles compositions avec le matériel pertinent. C’est la façon dont je travaille depuis toujours : multiples improvisations pour créer le matériau de base et ensuite, montage. »

Cosmo variation 2 : live in Charette 2021 est un résultat de cette résidence. Il est à noter que depuis le début 2020, j’ai réactivé un cycle consacré à Sun Ra. Cette pièce en fait partie ». E. D.

Erick D’Orion

Artiste interdisciplinaire de l’audio et commissaire résidant à Montréal depuis 2015, auparavant à Québec (dès 1993). Concentrant en bonne partie ses recherches sonores sur le maximalisme, il effectue un travail qui se rapproche étroitement du noise, de la musique concrète, du free jazz et de l’électroacoustique. Il est membre du duo Morceaux_de_machines et du trio Napalm Jazz ainsi que d’une multitude d’ensembles expérimentaux.

Il a joué en concert avec des artistes de renommée internationale dont Evan Parker, Martin Tétreault, Otomo Yoshihide, Robin Fox, Ilpo Vaisanen, René Lussier, Alexandre Saint-Onge, Bernard Falaise, Sam Shalabi, Gunter Muller ou encore eRikm.

Il conçoit également l’environnement sonore et la musique pour des projets en cinéma, théâtre et autres projets interdisciplinaires. Il agit aussi comme consultant en dramaturgie sonore.

Depuis l’été 2015, il travaille en collaboration avec l’artiste interdisciplinaire Catherine Lalonde Massecar (Duo Massecar • d’Orion). Ils combinent autant les approches en création sonore, les pratiques en contexte réel, que la dramaturgie clandestine.

Il est commissaire du volet installations sonores pour le Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville depuis 2010.

Roberto Paci Dalò (It) - Lament - Live in Rimini (26Nov2021)

“J’ai développé ce projet à Timisoara en 2021 en préparant Temeswarer Nachrichten (installation sonore) et Doyne (concert) invité par Philippe Franck (Transcultures, European Pepinieres of Creation), commissaire invité du parcours Sonic Narratives (dernière semaine du 21 octobre) organisé par Simultan à Timisoara (Roumanie).

En musique, la complainte et plus tard l’élégie sont devenues un moyen de pleurer en musique. Elle a fourni un lieu de mélancolie et de réflexion, de pensées sombres et profondes, de regrets et de solitude musicale. Dans mes recherches à travers la forme de la complainte, on peut faire le lien entre mes investigations à travers les musiques juive, roumaine, albanaise, grecque. Je joue de la cornemuse des Highlands depuis que je suis adolescent (j’ai un bel instrument de Peter Henderson Ltd.), comme peu le savent. Dans la musique écossaise, j’aime particulièrement la musique pìobaireachd (aussi Pibroch ou ceòl mòr). Une image « classique » de ceci est le joueur de cornemuse solo faisant face à la mer agitée ou marchant lentement et jouant sur les remparts d’un château. La doina roumaine peut être liée à la forme de lamentation. Béla Bartók a lié la doina roumaine au système turc/arabe de Makam. Jusqu’à la première moitié du 20e siècle, les musiciens lăutari et klezmer étaient enregistrés en utilisant un taksim comme introduction à un air. Le taksim serait plus tard remplacé par le doina, qui a été décrit comme étant similaire, mais pas totalement identique au taksim. La doina est un air d’improvisation au rythme libre, très ornementé (généralement mélismatique). L’improvisation se fait sur un schéma plus ou moins fixe (généralement descendant), en étirant les notes à la manière d’un rubato, selon l’humeur et l’imagination de l’interprète.

Une lamentation est une expression passionnée de chagrin, souvent sous forme de musique, de poésie ou de chanson. Les lamentations constituent certaines des formes d’écriture les plus anciennes, et des exemples existent à travers les cultures humaines. En musique, une élégie est rarement une pièce funèbre mais une œuvre de nature plus sombre et plus sombre. À l’époque médiévale, une élégie concernait la mort, mais à l’époque romantique, l’élégie était devenue une réflexion personnelle sur la mort. Si nous revenons aux Lamentations, dans la musique post-médiévale, la complainte en est venue à se caractériser par un motif de basse descendant. Cela a été utilisé pour la première fois par Monteverdi dans sa Complainte de la nymphe, publiée en 1638. La jeune fille de la chanson ruine la perte de sa bien-aimée, qui l’a trahie et l’a quittée. En poésie, les lamentations se retrouvent dans les premières œuvres, de l’Illiade et l’Odyssée à Beowulf. Dans l’Ancien Testament de la Bible, il y a les Lamentations de Jérémie. »

Roberto Paci Dalò

Roberto Paci Dalò présente ses projets artistiques dans des festivals, théâtres, musées et salles de concert du monde entier. Son travail a été soutenu, entre autres, par : John Cage, Giya Kancheli, Robert Ashley, John Zorn, Aleksandr Sokurov. Roberto est fondateur et directeur d’Usmaradio, station de radio et Centre de recherche d’études radiophoniques à l’UNIRSM.

robertopacidalo.com

Katatonic Silentio (It) - Urban Sonic Derive... Live in Milano (24Jan2022)

Urban Sonic Derive - A Sonic Deterritorialization Of The City

La « dérive » est une technique psycho-géographique à visée exploratoire, politique et artistique qui consiste à rompre avec la manière classique de traverser un territoire, et qui privilégie une manière décontractée de marcher et de se déplacer, se laissant aller à de nouveaux stimuli, événements inattendus et à adopter de nouveaux points de vue.

Elle consiste à emprunter des échappatoires aux notions hégémoniques d’ordre, de rationalité et de structure, favorisant l’émergence d’un territoire ouvert, sans frontières, imprévisible : la linéarité du temps est suspendue, trompée par les transitions et les forces cachées de la ville ; il y a une désorientation émotionnelle. De cette manière, il est possible de capturer des informations « non dimensionnelles » qui élargissent la vision du territoire : aspects et nuances de la vie réelle, informations et sensations qui nous aident à comprendre, déterritorialiser et reterritorialiser l’espace. Le contexte urbain perd ainsi son organisation, se réinitialise et se reconstruit à travers l’émergence de nouvelles situations et de nouveaux modèles.

Sur le plan sonore, cela devient un acte de décomposition, de désintégration et de subversion du paysage sonore urbain structuré et organisé, au profit d’une émergence et d’une réorganisation des éléments individuels qui le composent : chaque objet-événement sonore prend sens en tant que tel , et pas seulement dans le cadre d’une structure, liée dans un écosystème, révélant à son tour de nouveaux sens et langages.

Tout le matériel a été enregistré, collecté et traité en septembre 2021 dans la ville de Milan (Italie) pour la performance du MMT Creative Lab « Parade Electronique 2021 : Paesaggi Sonori » au Teatro Arsenale de Milan.

Katatonic Silentio

Artiste sonore et chercheur indépendant en arts sonores et cultures médiatiques, Mariachiara, alias Katatonic Silentio, a exploré les domaines de la musique expérimentale et électronique avec une approche unique de la conception sonore, diffusant de la musique et se produisant dans de nombreux festivals, théâtres et salles nationaux et internationaux à travers l’Europe.

Membre du Conseil Scientifique de l’USMARADIO : Centre Interdépartemental de Recherche en Etudes Radiophoniques, UNIRSM ; Curatrice de l’Expanded Radio Research Unit : une plateforme d’art radiophonique indépendante pour des œuvres innovantes à l’intersection de la musique, de la création parlée, de la performance et du son… pour défier les limites de la radiodiffusion ; artiste résident sur EOS Radio.

En plus de poursuivre une carrière en musique, Mariachiara est également active en tant que chercheuse indépendante : sa pratique converge à mi-chemin entre les arts sonores et de la performance. Sa vive curiosité pour les études culturelles, alliée à une forte passion pour la musique, l’ont amenée à aborder le monde des sons avec un œil sociologique et anthropologique, le considérant comme un dispositif critique et un indicateur de la société et de ses mutations.

soundcloud.com/katatonicsilentio

No Lockdown Art

Dans le cadre de son nouveau programme parapluie Creaconnections (soutenant la création contemporaine exploratoire hybride en réseau et sur le réseau), Transcultures, en partenariat avec les Pépinières européennes de Création, a lancé l’action No Lockdown Art afin de soutenir le ré-activitisme d’artistes belges et internationaux qui ont initié, en période de confinement, d’intéressants projets audio, vidéo, multimédia… en ligne et diffusent librement leurs singularités et regards poétiques aux curieux connectés.

Dans cette période tristement unique (mais susceptible d’annoncer d’autres catastrophes), de nombreux artistes de toute origine ont refusé la quarantaine de l’expression partagée. Ils ont exprimé à la fois un besoin de se relier à un autre public (connecté) et de sortir tant de la peur et de la paralysie que du “tout à l’égo”.
Désirant s’associer à cette dynamique libertaire et donner soutien et visibilité à des oeuvres différenciées en ligne, Transcultures a ainsi proposé un soutien à la production à plusieurs artistes pour des projets à court, moyen, ou long termes.

Dans cette volonté pro-active et dé-confite, un appel à projet No Lockdown Art (#NoLA2020) a été lancé à la mi-avril 2020; il s’agissait et il s’agit encore ces derniers mois de soutenir activement de nombreuses initiatives d’artistes et concepteurs de projets culturels à la créativité intacte, si pas stimulée par les turbulences de notre monde virale.

Production