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City Sonic et l’émergence : l’art de vivre est la richesse de l’art – par Philippe Baudelot

City Sonic et l’émergence : l’art de vivre est la richesse de l’art – par Philippe Baudelot

Pour la douzième édition de City Sonic, Transcultures poursuit, en coproduction avec le manège.mons et sous la houlette de Philippe Franck, son directeur, son exploration de l’émergence en arts sonores et son travail de défrichage des talents. Elle privilégie l’accompagnement de projets audio interdisciplinaires in situ, et une programmation d’œuvres de jeunes artistes accueillis en résidence à Mons. Ceux-ci ont développé, qui une nouvelle installation, qui une performance, qui une forme encore indéfinie.

Plus que jamais, City Sonic est tourné vers la mise en relation des artistes/jeunes talents prometteurs avec des publics variés et des professionnels attentifs, surtout, plus que jamais, City Sonic promeut l’émergence, cet art de vivre qui est la vraie richesse de l’art.

Par imprudence constitutive et par goût de l’émergence, peut-être aussi par impudence, j’ai laissé filer cet article au court des idées qui viennent, à celui de ma sensibilité, à celui des éditions de City Sonic auxquelles j’ai participé, à celui des artistes que j’y ai rencontré et à celui de leurs œuvres. Car l’émergence telle qu’on la vit dans ce festival s’attache à des esthétiques venant tout juste à l’existence, à celles dont on ne peut pas encore rendre compte par un système de causalité cultivée, à celles qui sont constitué de pratiques novatrices, à celles qui se signalent par des éclosions de plaisir inattendues. Ici, l’émergence affleure et prend place. Ici, c’est en proposant de nouveaux référents, de nouvelles techniques, qu’elle peut se déployer, accrochée au geste de création, aux rapports de force sociaux et, peut-être, au monde culturel.

D’une certaine manière, City Sonic se refuse à proposer un modèle de l’émergence, pas plus que de l’artiste émergent. Ce festival sait que promouvoir la richesse de l’émergence implique de proposer des constructions hétérodoxes aux normes culturelles, à celles des marchés, des curateurs, de l’institution, enfin de la critique. Envers et avec tous ceux là, l’émergence traverse ce festival de façon joyeuse et insolente. Elle y engage de nouveaux chemins esthétiques et s’articule à l’idée moderne de culture au sens large. L’émergence y est une expression fragile, en train de se constituer. Elle n’y est pas limitée par des grilles de lecture figées et codifiées.

C’est pourquoi, City Sonic ne se veut pas manifeste victorieux d’arts sonores gelés. Ce festival ne se noie pas dans le spectacle. Il sait que l’émergence demeure insaisissable, qu’elle nous invite à une nouvelle acception encore indéfinie de la création où les fonctions du mythe, des expressions individuelles et collectives, celles de la catharsis demeurent encore instables. City Sonic laisse l’émergence nous perdre dans nos imaginaires.

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